Campagne électorale française et croissance

Un élément du débat français : rigueur versus croissance

Le débat n’est naturellement pas uniquement français, mais le thème est mis en évidence par la campagne de nos voisins.

Le « pacte de croissance », proposé par la BCE, apporte de l’eau au moulin des tenants d’une politique de croissance. Toutefois, la communication des arguments des uns et des autres pourrait laisser penser que la rigueur budgétaire est incompatible avec la croissance, ce qui est erroné.

Rappelons qu’une politique budgétaire restrictive ne peut se faire que de deux moyens : baisse des dépenses publiques ou hausse des recettes publiques.

En théorie, une politique « de croissance » est possible au travers de trois grands axes : une politique budgétaire expansive (hausse des dépenses publiques ou baisse des recettes publiques), une politique monétaire expansive ou une politique structurelle (incitations, cadre juridique, cadre administratif, infrastructures, etc.).

Plusieurs décennies de théorie économique montrent que les politiques budgétaires expansives (politiques keynésiennes) sont inefficaces, de même que les politiques monétaires expansives, pour le moins à terme. L’on sait également que des dépenses d’infrastructure peuvent être toutefois efficaces, à long terme, à condition qu’elles répondent à besoin réel de l’économie et qu’on ait les moyens de les financer. Dans une problématique à court ou moyen terme, ce n’est donc pas l’idéal.

Que reste-t-il ? Dans l’objectif d’un rééquilibrage budgétaire, la hausse des recettes publiques (donc les prélèvements obligatoires en général) est possible à la condition que les prélèvements ne deviennent pas dissuasifs ou ressentis comme confiscatoires, sous peine de tuer les incitations. Dans l’exemple français, il semble donc difficile de charger davantage les acteurs économiques.

Dans l’objectif de croissance, il reste le cadre, notamment l’assouplissement du droit du travail, la simplification administrative et l’ouverture des marchés.

En bref, rigueur budgétaire et croissance ne sont pas incompatibles, mais ne reposent pas sur les mêmes outils. Dans un objectif à court ou moyen terme, il faut donc diminuer les dépenses publiques (actuellement 57% du PIB dans le cas français !) pour ce qui est de la rigueur, et améliorer le cadre économique, administratif et juridique pour ce qui est de la croissance.

Le problème est naturellement de faire coïncider l’objectif économique avec l’objectif politique qui reste le nombre de voix. La campagne en cours chez nos voisins en montre toute la difficulté, rationalité et bon sens cédant souvent le pas aux promesses fantaisistes.

Posté le 28 April 2012 à 21:40 par François Meylan
Catégories: Actualité, Economie, Philippe Paoly | Tags: Campagne électorale, Croissance, France, Philippe paoly, Rigeur


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